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N° 47 A - septembre 1998 |
Pages spéciales : Réforme de la Coopération (Suite)
Une réforme avec quels personnels pour mener quelle politique ?
Depuis lannonce de la " Réforme de la Coopération " début février, les syndicats C.F.D.T. concernés ont rappelé à leurs interlocuteurs leur ouverture et leur disponibilité, rappelant chaque fois quils en avaient la possibilité un certain nombre de demandes minimales concernant au premier chef lavenir des personnels concernés, à ladministration centrale unifiée comme dans les postes.
Ils ont joué leur rôle dans le déroulement des multiples comités techniques paritaires convoqués en juin/juillet, prenant linitiative dun refus de vote dans les conditions proposées sur le seul texte devant faire lobjet dun avis formel devant le 2e C.T.P. des Affaires étrangères (personnel culturels et de coopération), le C.T.P. central de la Coopération et le C.T.P. des Coopérants du "Champ". Par leur annonce dun refus pur et simple de siéger, ils ont amené les deux ministres à recevoir les organisations syndicales pour se prononcer sur une série précise de demandes reproduites par ailleurs.
Comité technique paritaire des personnels culturels et de coopération (Affaires étrangères)
Ce C.T.P. a été convoqué le 24 juin 1998 comme prévu pour donner un avis formel sur les textes de décret et darrêté sur la réforme de la Coopération.
En même temps, le SGEN-C.F.D.T. de lÉtranger et les autres organisations syndicales ont demandé quun point de lordre du jour concerne la situation dans les établissements culturels.
1. La réforme de la coopération
Le SGEN-C.F.D.T. de lÉtranger a proposé lattitude adoptée par lensemble des représentants du personnel, à savoir le refus de prendre part au vote sur des textes isolés de leur contexte.
Nous avons souligné au préalable certains points comme :
Il convient de remarquer que le SGEN-C.F.D.T. de lÉtranger a invité comme experts dune part des représentants de la C.F.D.T. Coopération, dautre part ceux dassociations professionnelles du secteur (Association des Attachés linguistiques, ACAD-M.A.E.)
2. Situation des personnels des établissements culturels
Madame Allaire a rappelé que le système des allocations exceptionnelles, en place depuis 1982, devait être suspendu à la demande de la Cour des Comptes au plus tard le 31 août 1998. Plusieurs projets de substitution ont été présentés à Bercy, mais nont pas été acceptés. Le Ministère des Affaires Étrangères a demandé la reconduction de ces allocations exceptionnelles pour les bénéficiaires de la liste établie au 31/08/95 jusquà extinction de la liste des "ayants droit". Le Ministère des Finances ne sest à ce jour pas prononcé.
Les représentants du personnels sont intervenus pour demander que, dans lattente dune solutions juridique définitive, les allocations exceptionnelles soient rétablies pour lensemble des agents qui pourraient y prétendre et que la solution à trouver inclue les bénéficiaires des " allocations forfaitaires " pour lesquels aucun système de remplacement na été prévu. Nous avons renouvelé notre demande dun texte prévoyant la rémunération pour tous les personnels français servant le ministère et ses établissements, conformément à la lettre du décret de mars 1967.
Monsieur Catta déclare quacte a été pris de la demande. Il précise que, dans le cas des personnels titulaires, " le chantier des rémunérations nest pas fermé ", quil sagit de distinguer les situations locales (Union européenne/reste du monde), mais que le système des allocations exceptionnelles sous sa forme actuelle ne saurait en aucun cas être pérennisé.
Comité technique paritaire des coopérants (Coopération)
Ce C.T.P. était réuni sur le même ordre du jour (sans vote formel sur les textes, confié au C.T.P. ministériel), mais aussi sur lordre du jour " ordinaire " de ce C.T.P., pourtant le dernier avec mise de la clé sous la porte !
Les réactions de plusieurs organisations corporatistes (techniciens comme enseignantes) a été dêtre un peu plus corporatistes que dhabitude . Dommage.
Lévolution de lassistance technique a été considérée comme indépendante de la réforme : rien na été précisé en ce qui concerne le rôle des opérateurs, de lA.F.D..
Les représentants de la C.F.D.T. ont souligné que sils acceptaient le principe dune réforme, ils sinquiétaient du risque de disparition de la visibilité de la Coopération française dans laide au développement qui risquait de perdre sa spécificité et son outil.
1°) La réforme de la coopération
Le comité de pilotage de la réforme, représenté par François MIMIN, a tenté de réduire le débat à la réflexion sur lorganisation de ladministration centrale en omettant de parler du devenir du dispositif français dassistance technique et de ses agents, du rôle futur de lA.F.D. et de lintervention déventuels opérateurs publics ou privés.
Tous les représentants du personnel ont déploré que la phase de concertation se soit arrêtée trop tôt et quaucune discussion nait pu avoir lieu sur les projets de textes retenus par les ministres dans la dernière phase.
La C.F.D.T. a approuvé la motion suivante, proposée par la F.S.U. et votée par tous les représentants des personnels présents C.F.D.T., F.S.U., Liste dunion, FEN, et F.P.C.O.M.) :
" Dans le cadre du processus en cours de la réforme de la coopération, les membres du C.T.P. central des coopérants demandent aux futures Direction Générale de la Coopération Internationale et du Développement et Direction Générale de ladministration que leur premier chantier porte sur des négociations concernant :
1°) la révision des textes législatifs et réglementaires régissant les assistants techniques et leur lien avec le M.A.E.
2°) le système de rémunération des assistants techniques. "
Il a été confirmé que tous les coopérants au titre de la Loi du 13 juillet 1972 seront rémunérés suivant le décret de 1992, y compris en dehors du " champ ".
2°) Évolution des rémunérations
En début daprès midi, débat habituel sur les coefficients géographiques (dune durée comparable à celui sur la réforme ). Comme dhabitude ladministration nous a transmis une série de tableaux montrant le caractère " scientifique " du calcul mais en ajoutant à la colonne " résultat théorique " une colonne " coefficient proposé " !
Les traitements des agents soumis au décret de 1967 suivent dune façon beaucoup plus rapide lévolution des situations locales (change-prix comme environnement). Une négociation est en cours avec le Budget afin dappliquer le même principe aux coopérants soumis au décret de 1992. (Voir le supplément de juillet à SGEN-C.F.D.T. Information Étranger).
Les représentants du personnel ont rappelé que les coopérants attendaient des mesures de justice élémentaire à leur égard :
3°) Titularisation
Trois projets de décrets sont en concertation au niveau de la Fonction Publique et sont actuellement examinés par le conseil dÉtat.. Un assouplissement des conditions de diplômes est envisagé pour les personnels qui assurent un emploi de catégorie A. Pour les personnels susceptibles de bénéficier de la Loi Le Pors, les textes sont prêts (rappelons quil fallait être en poste en juin 1983).
Les représentants du personnel demandent que les autres agents contractuels puissent accéder à un corps de fonctionnaire suivant un dispositif à mettre en place (soit dans un corps existant, soit même dans un corps en voie dextinction).
Les listes des titularisables devraient être soumises à lexamen des C.C.P.M.
Nous sommes, comme la dernière fois, " dans la dernière ligne droite " Nous nen connaissons toujours pas la longueur.
4°) Congés
Le régime de congés des coopérants enseignants avait déjà été abordé fin Janvier. Il y avait eu un " consensus mou " disant que les lettres de mission devaient préciser à la fois le classement du poste et le régime des congés. En cas de modification, un climat de concertation devait régner entre lagent intéressé, la M.C.A.C. et ladministration.
De fait, dans de nombreux pays dont le Cameroun et, dans un premier temps, Madagascar, les agents ont reçu, sans aucune concertation préalable, leurs renouvellements de contrats modifiant unilatéralement leur régime de congés.
Ladministration a reconnu que la concertation pouvait localement être insuffisante et sest engagée à en rappeler les règles aux chefs de mission.
5°) Bilan de recrutement 1998 et perspectives pour 1999
164 postes denseignants et formateurs étaient à pourvoir cette année pour 2 115 candidats. Près de la moitié des postes pourvus (46,65 %) sont classés au groupe 4.
Les perspectives pour les années à venir font apparaître la poursuite de la déflation. Les "économies" du projet de loi de finances sont de lordre de 85 millions, soit une suppression denviron 170 postes en 1999. Pour la première fois, le Budget accepterait de recycler une partie des "économies" dégagées par ces suppressions de postes (40 % des 85 millions soit 34 millions) au bénéfice dune revalorisation des majorations familiales, des groupes de fonction et des bourses . Gardons lespoir .
6°) Concertation locale
Les représentants du personnel soulignent les dysfonctionnements des C.T.P.L. dans certains pays.
La C.F.D.T. demande que les C.T.P.L. soient maintenues et étendues au reste du monde (Une telle demande a été faite par la C.F.D.T. au C.T.P. n° 1 des Affaires étrangères pour les personnels des Ambassades et des Consulats).
Une motion commune a été votée par lensemble des représentants du personnel pour le maintien des structures de concertation spécifiques aux coopérants.
7°) Quelques chiffres
La réponse à une question de la C.F.D.T. sur lévolution de lA.P.D., T.O.M. compris :
(Ceux qui ne comprendrait pas la différence entre ces chiffres et les promesses électorales passées peuvent interroger leurs élus politiques, le chiffre annoncé de 0,7 % du P.I.B. était peut-être indexé sur le franc C.F.A. ?).
Comité technique paritaire ministériel de la Coopération
La C.F.D.T. Coopération et le SGEN-C.F.D.T. de lÉtranger sont intervenus lors de la partie liminaire du C.T.P. ministériel de la Coopération (dont cétait la première et unique réunion avant la disparition du ministère, sous la présidence du ministre lui-même !) en vue dobtenir des clarifications sur les points restés en suspens suite aux lettres des deux ministres
Déclaration liminaire avant ladoption de lordre du jour du C.T.P.M. de la Coopération (9 juillet 1998)
Les représentants de la C.F.D.T. au comité technique paritaire ministériel (2ème convocation) se félicitent quà la suite de leur refus de siéger lors de la première convocation, les ministres aient pris la mesure des problèmes qui se posent aux personnels et qui rendraient inacceptable un passage en force.
Les réponses écrites de MM. Védrine et Josselin traduisent un souhait de concertation qui va dans le bon sens, mais laissent dans lombre trop de points fondamentaux pour lavenir de la Coopération et de laide au développement.
Nous souhaitons malgré ces insuffisances poursuivre le dialogue afin que cette session ne marque pas la fin mais une étape des négociations.
Nous demanderons en conséquence au cours de ce C.T.P. :
- que soient précisées certaines des réponses apportées par les ministres,
- que soit abordés les points sans réponse,
- et que soient définies les modalités des suites de la concertation.
Nous tenons cependant dès maintenant à déplorer que le point central de lordre du jour proposé soit limité à lorganigramme qui ne représente quune partie de la réforme.
En acceptant de siéger à ce C.T.P. si nous recevons des réponses à nos demandes, nous affirmons notre souhait de négocier et entendons ainsi mettre ladministration devant ses responsabilités.
Constatant lenlisement de la discussion et le souhait du ministre dentamer rapidement lexamen formel des projets de décret et darrêté, les syndicats présents (FEN, F.P.C.O.M., F.S.U., Liste dunion, C.F.D.T. Coop et SGEN-C.F.D.T. de lÉtranger) ont quitté le C.T.P. en déplorant labsence de réponses réelles sur des questions comme :
Lavis formel du C.T.P.M. a donc été émis par ladministration restée seule.
Nous serons vigilants sur le respect des engagements pris par le ministre :
Intervention de M. Hubert Védrine, ministre des Affaires étrangères, devant les membres réunis des C.T.P. du M.A.E. et du ministère de la Coopération (Paris, 23 juin 1998)
Mesdames et Messieurs,
Je suis venu ouvrir, avec Charles Josselin, ce comité technique paritaire qui est très important, chacun en est conscient, et qui sera consacré aux différents aspects de la réforme de la Coopération et à lexamen des textes concernant le nouvel organigramme.
Je vais donc vous dire quelques mots sur le processus de cette réforme et de ce qui laccompagne, donner un certain nombre déléments utiles pour votre information et votre réflexion. Ensuite, je passerai la parole à Charles Josselin.
Nous avons donc tenu, Charles Josselin et moi, à venir ouvrir ce comité technique paritaire et nous avons souhaité que, compte tenu de limportance du sujet dont nous allons parler, dont vous allez parler aujourdhui, les différentes formations du comité technique paritaire des Affaires étrangères, de la Coopération, des personnels culturels soient réunis pour cette séance douverture.
Cette réunion conjointe est dailleurs cohérente avec les changements décidés par le Premier ministre. Depuis la dernière fois que je suis intervenu dans les mêmes conditions à loccasion du comité technique paritaire, de décembre dernier, un certain nombre de changements sont en effet intervenus dans lorganisation du ministère.
La réforme de la Coopération a été présentée au Conseil des ministres le 4 février. Cest une réforme importante qui a été voulue par le Premier ministre dès son entrée en fonction, à laquelle il a travaillé méthodiquement jusquaux arbitrages de février. Cette réforme avait été tentée à plusieurs reprises depuis 20 ans. Elle a pu enfin aboutir parce que le besoin sen faisait sentir de façon de plus en plus pressante, même si tout le monde voyait bien que cela posait des problèmes. Cela supposait des précautions bien sûr, mais cette réforme navait pas pu aboutir pour différentes raisons que nous connaissons. Depuis cette période de décembre, il y a également eu un travail dadaptation des structures de ladministration centrale destiné à clarifier les pôles de responsabilités, à simplifier, à raccourcir les chaînes hiérarchiques, à relancer les fonctions de gestion. Je signale que jaccorde beaucoup dimportance à lavis que rendra le comité technique paritaire sur le projet de décret et le projet darrêté, portant sur la nouvelle organisation de ladministration centrale des Affaires étrangères.
Je voudrais redire également devant vous mon souhait dune modernisation en profondeur des outils de gestion. Cest cohérent avec ce qui est entrepris, après dautres, par ce gouvernement en ce qui concerne la réforme de lÉtat. Cela concerne la politique du personnel, la politique de déconcentration des moyens financiers, la politique immobilière, la modernisation aussi des méthodes de travail, des procédures, tout ce qui relève dune idée de décloisonnement, douverture avec lidée générale dun rayonnement accru de ce ministère des Affaires étrangères dans toutes ses composantes par rapport à aussi bien ses partenaires internes à lÉtat français quà ses partenaires externes.
Pour aller dans cette direction, pour mettre en uvre cette politique de modernisation indispensable dans ses différents volets, poursuivre dans certains cas des choses déjà entamées avant, dans dautres cas ouvrir des chapitres nouveaux, jai souhaité être entouré dune équipe de responsables qui sinscrit dans cette politique, qui ont été choisis pour cette raison. Cest lélément le plus important du mouvement diplomatique qui a été décidé il y a quelques jours. Donc jai choisi, jai proposé au Président et au Premier ministre des responsables qui ont montré dans leur carrière, leur activité, des capacités de gestion, dadministration, une capacité à mener les réformes que je veux entreprendre.
Je voudrais maintenant insister, comme le fera Charles Josselin après moi, sur notre souci commun dassocier tout le monde, cest-à-dire aussi bien les agents du Quai dOrsay que ceux de la rue Monsieur à cette ambition et à ce projet.
Bien sûr, dans les réformes il y a une phase de réflexion, une phase de consultation et une phase de décision puis il y a une phase de mise en uvre, mais il faut que les uns et les autres aient été entendus.
Je rappelle ce que jai dit dans une note de service récente du 9 juin, diffusée à tout le monde.
Aujourdhui, il est impératif davancer, davancer plus vite, daller plus loin dans ces différentes directions. On le voit bien sur toute une série de plans, notamment dans le dialogue que doit entretenir le ministère des Affaires étrangères avec les autres grands pôles de ladministration, qui eux-mêmes sont en train de sadapter. LÉtat, dans son ensemble, est engagé dans une politique indispensable de modernisation et dadaptation. Cela suppose quil y ait une adhésion en profondeur des personnels autour de ces objectifs. Donc, cela suppose et supposera encore de la concertation, de la discussion.
Mes objectifs sont clairs : rénover les métiers de la Coopération, donner au nouvel ensemble Affaires étrangères/Coopération de vraies capacités de synthèse, de coordination, danimation, de laction extérieure de la France, tout ce pourquoi le Premier ministre a rendu les arbitrages que vous connaissez, mais aussi adapter loutil diplomatique, consulaire, culturel, de développement face aux nouveaux enjeux de la mondialisation et de la globalisation dans un monde qui est, très durement et très constamment, concurrentiel et compétitif.
Cette modernisation, nous la concevons comme devant saccomplir avec les personnels, évidemment pas contre eux, ce qui signifie quune attention spéciale doit être portée au dialogue, tant à Paris que dans les postes. Je crois que le développement de la concertation dans les postes est quelque chose dimportant. Ce point figure dailleurs à lordre du jour de nos travaux, et cela me paraît très utile. Quelques points plus précis maintenant :
1 : en ce qui concerne la réforme de la Coopération, lenjeu est très important, mais ce nest pas à vous que je vais le dire, tout le monde le sait ici, même si vous pouvez avoir telle ou telle interrogation encore. Lenjeu est considérable. Il sagit, à partir des arbitrages rendus par le Premier ministre, au début de lannée, de concevoir une nouvelle organisation administrative permettant dintégrer au sein dun même ensemble, dassocier de façon féconde et dynamique les fonctions de développement, les fonctions daction culturelle, les fonctions déchanges scientifiques, les fonctions concernant laudiovisuel extérieur.
Cette réforme entrera en application au 1er janvier 1999. Ce qui nest ni trop tôt ni trop tard, cest à la fois suffisamment rapproché pour maintenir le rythme et dautre part, cest assez éloigné pour quon ait le temps encore de discuter sur toute une série de points dapplication et de se préparer de manière efficace. Les négociations budgétaires sont aujourdhui menées autour du principe dun budget unique qui doit permettre une identification claire des crédits consacrés à la Coopération internationale et au développement. Ainsi, tant en termes budgétaires quen termes dorganisation, les choses seront visibles par les bénéficiaires, par les partenaires, par les interlocuteurs extérieurs.
La réforme cest aussi définir un nouveau mode de relations avec les opérateurs en charge de lexécution des projets de Coopération. Je pense en particulier au modus operandi à mettre au point avec lAgence française de Développement.
Cest aussi réussir lintégration des réseaux de la Coopération à létranger, cest-à-dire la transformation des missions daide et de Coopération au service de coopération des ambassades. Cest déterminer enfin - cest un des points délicat justement - les conditions de lintégration progressive des personnels de la rue Monsieur dans les corps des Affaires étrangères. Jinsiste sur la méthode que nous avons suivie. Nous navons pas eu de schéma a priori. Il y a eu des arbitrages du Premier ministre, qui résultaient de plusieurs mois de travail de sa part avec les ministres concernés. A partir de là, nous avons examiné, Charles Josselin et moi, toutes les options, toutes les options dorganisation notamment. De larges consultations ont été menées et je dois rendre hommage à cet égard au travail qui a été fait par François Nicoullaud et François Mimin sur le plan de la concertation, de la consultation, de la réflexion de la proposition et de tout ce quils ont fait pour nous aider dans notre responsabilité. Finalement, nous avons retenu un ensemble organisé de façon assez différente de ce qui existait auparavant. Nous sommes arrivés à la conclusion que, si on se bornait à juxtaposer les services tels quils étaient avant, de toute façon il y aurait des perturbations inhérentes à toute réforme, à toute réorganisation. Nous avons voulu une réforme plus significative donnant plus de force à tout cet ensemble, de façon à dépasser les clivages habituels, géographiques.
En même temps, nous avons réfléchi à la possibilité, à partir des acquis de la rue Monsieur, des acquis de la direction générale des Relations culturelles, de créer une culture nouvelle, une dynamique. Donc, nous avons été plus loin quune simple juxtaposition et nous allons vers une réorganisation en profondeur basée sur la constitution de pôles avec des compétences sectorielles fortes. Cest ce qui est très important notamment par rapport aux autres administrations : je pense à lÉducation, à la Culture, à lÉconomie. Des directions par métiers seront créées auxquelles sajoutera une fonction centrale de programmation, de gestion, dévaluation. Donc, nous avons décidé de tirer tout le parti possible de la réforme. Voilà le choix que nous avons fait. Jajoute que cela va dans le sens - et cela peut avoir un certain intérêt - de la dynamique de nos relations avec Bercy. Cela va dans le sens de ce qui est constamment demandé, depuis des années, par le ministère des Finances, par la direction du Budget, par la Cour des comptes etc., en terme defficacité, dorganisation, de la clarification des fonctions et de renforcement de la capacité de gestion du nouvel ensemble.
Nous sommes très conscients des difficultés, non pas de ce projet, parce que je crois beaucoup à la qualité du schéma auquel nous sommes arrivés, mais nous sommes bien conscients des difficultés de tout changement. Naturellement, je ne vais pas en parler avec légèreté. Je sais bien que cest compliqué dans la mise en uvre et quil y a des inquiétudes.
Nous le savons, et elles ne sont pas illégitimes dans le principe, mais je pense que nous avons beaucoup darguments pour y répondre. Pour apaiser les inquiétudes, il faut faire en sorte que nous soyons tous ensemble dans ce mouvement de construction ou de reconstruction.
Le nouvel organigramme de la direction générale de la Coopération internationale et du Développement, tel quil sera mis en place à partir de janvier, supposera un certain nombre de changements daffectations, ce qui sera, dailleurs, une occasion et une chance pour beaucoup de gens. Cest pour cela que nous avons décidé avec Charles Josselin de demander à François Nicoullaud, parallèlement à ses nouvelles fonctions de directeur général, une mission dorganisation. Nous sommes dans une phase de transition. Nous sommes encore aujourdhui dans les structures anciennes, il faut aller vers le schéma dorganisation du mois de janvier. Il y a quelque temps entre les deux, - je disais, cest ni trop long ni trop court - cela permet de bien faire les choses. Donc, nous chargeons François Nicoullaud dune mission dorganisation de la nouvelle direction de la Coopération internationale et du Développement. Il sera épaulé par François Mimin et par une équipe légère de chargés de mission constituée à cette fin auprès de lui. Nous demandons que soit portée une attention particulière à la situation des personnels des deux maisons qui seront concernés directement par ces changements. Donc, je demande à cette occasion à François Nicoullaud dorganiser une concertation continue avec les personnels pour les informer étape par étape de la mise en place (la mise en place complète, je vous lai dit, cest le 1er janvier). Je souhaiterais que, dès le début de lautomne, chaque agent puisse connaître, au terme dun processus dappel à candidatures et de fiches de poste, les fonctions qui lui seront proposées au sein de la nouvelle direction générale.
2 : Un mot maintenant sur ladaptation de lorganigramme du Département. Au-delà des modifications rendues nécessaires et logiques par la réforme de la Coopération, jai souhaité profiter de cette circonstance pour adapter les structures de ladministration centrale sur un certain nombre de points : le projet de décret et le projet darrêté sur lesquels jai demandé que le C.T.P. ministériel rende un avis formel sinspirent dun ensemble de principes (là, je parle en dehors du cadre de la direction générale de la Coopération internationale et du Développement) :
- renforcer léchelon de coordination et danimation autour du Secrétaire général, doù la création dun poste de Secrétaire général-adjoint se substituant à lactuel poste de directeur général pour les Affaires économiques et européennes ;
- tirer les conséquences du renforcement de la problématique communautaire dans nos relations avec les pays dEurope centrale et orientale. Le suivi de ces pays sera dorénavant assuré par la direction de la Coopération européenne, ce qui amènera à recentrer les compétences de la direction dEurope continentale sur les pays de lEst européen, sur la Russie et lAsie centrale.
- dautre part, je voudrais signaler ici quil faudra - je vais y travailler, je vais y réfléchir - doter le Département dune nouvelle politique de communication dans laquelle la DPIC naturellement a un rôle important à jouer, même si cest un concept plus global. La DPIC verra ses compétences augmenter en matière de communication externe, dinformation et de documentation dans le nouvel organigramme où une sous-direction nouvelle est créée. Sur ce point, je voudrais souligner aussi laccroissement de la visibilité des actions menées par le service des Affaires francophones et le service de lAction humanitaire qui inclura la cellule durgence, services qui seront directement rattachés au Secrétaire général.
- autre élément important, la fonction de Coopération militaire : nous allons créer une nouvelle direction de la Coopération militaire et de Défense rassemblant la mission militaire de Coopération de la rue Monsieur et la sous-direction de lAide militaire du Quai dOrsay.
- et, dune façon générale - cest un commentaire transversal, horizontal - le rehaussement des fonctions de gestion par la constitution autour dune direction générale de lAdministration rénovée, dun pôle administratif fort, rassemblant au sein dune même entité des structures de gestion des Affaires étrangères et de la Coopération : autonomie nouvelle donnée au service de lÉquipement et au service du Chiffre, coordination des fonctions de soutien au sein dun nouveau service de la logistique diplomatique. Cette DGA modifiée, aura un rôle extrêmement important dans la suite de nos activités en termes de modernisation et de réforme sur tous les plans.
3 : Un mot sur les questions statutaires. Je rappelle le mandat qui nous a été donné à Charles Josselin et à moi, par le Premier ministre, dans le cadre de la réforme de la Coopération. Les personnels de la Coopération seront progressivement intégrés au sein du ministère des Affaires étrangères. Ceci implique de définir dès maintenant les conditions dans lesquelles se réaliseront ces intégrations des personnels titulaires et je sais que vous y êtes naturellement très sensibles. En même temps, je souhaite ouvrir une vraie réflexion en profondeur sur la politique du personnel et des ressources humaines et de la formation : cela forme un tout. Pour notre efficacité, pour linfluence des Affaires étrangères dans lappareil de lÉtat, je pense quil faut aller vers plus de mobilité, plus de prévisibilité, plus de transparence dans les procédures daffectation, plus de formation, plus de polyvalence dans les parcours professionnels. Cela vous paraît peut-être un catalogue de bonnes intentions. Mais je crois que lon a commencé à voir que, depuis un an, jai passé beaucoup de temps sur ces questions, beaucoup plus quil nest coutumier de la part de la plupart des ministres. Jai lintention de continuer. Je suis convaincu quil faut le faire et je suis convaincu que cest partie intégrante du rôle dun ministre. Donc, ce que je disais sur la politique du personnel est une des missions prioritaires que jai confiées à Alain Catta. Cest une des raisons dailleurs pour lesquelles je lai choisi pour cette fonction. Je lui ai demandé de me présenter à brève échéance un programme dactions qui devra porter en particulier sur cet aspect. Je connais évidemment la sensibilité, votre sensibilité sur ce dossier. Jai eu loccasion de recevoir les syndicats qui ont fait valoir la diversité de leurs points de vue (Charles Josselin la fait abondamment et il en parlera lui-même) ; vous êtes, je crois, tous conscients de limportance de bouger, et en même temps, jai pu constater votre attachement à la spécificité dun certain nombre de métiers, on pourrait dire, de métiers diplomatiques. Je pense que la spécificité, notre spécificité si je puis dire, globale, est très vraie pour lensemble Affaires étrangères - Coopération maintenant, dont les missions, dont les fonctions dans lappareil de lÉtat sont uniques, dont la fonction est indispensable. Nous voulons la renforcer, nous voulons quelle soit mieux reconnue par les autres éléments de lappareil dÉtat, naturellement. A lintérieur de la spécificité globale quil faut renforcer, pour laquelle nous nous battons, je crois que les différents métiers doivent évoluer parce que les fonctions, tout ce qui relève de la diplomatie moderne, évoluent. Donc, il ny a aucun métier, à commencer par celui de ministre ou de directeur général, il ny a aucun métier qui ne soit pas destiné à évoluer dans ce contexte. Je souhaite que nous arrivions par le dialogue à dépasser les cloisonnements excessifs, à préparer les adaptations ordonnées des statuts et des corps qui sont indispensables pour tenir compte de ces évolutions et intégrer tous les éléments. Je crois, je suis absolument convaincu, quil faut le faire et je voudrais quon le fasse le mieux possible, ensemble.
Je donne maintenant quelques indications sur les orientations sur lesquelles nous avons demandé aux différents Cabinets puis à la Direction générale de lAdministration de travailler :
- intégration à délai rapproché des corps dencadrement supérieur de la Coopération et des Affaires étrangères, ce qui signifie accueil selon des modalités encore à déterminer, des administrateurs civils de la Coopération dans le corps des secrétaires, conseillers des Affaires étrangères et ministres plénipotentiaires ;
- examen de la faisabilité de la création dun corps unique regroupant les secrétaires-adjoints des Affaires étrangères et des attachés dadministration des deux maisons. Jinsiste sur les conditions que jai mises en avant sur ce point :
- garantie absolue du maintien de la spécificité des recrutements par la voie du concours dOrient et par la voie du cadre général. Les spécialistes des fonctions de gestion continueront à être recrutés par la voie des Instituts régionaux dadministrations ;
- réforme du principalat, répondant ainsi au souhait unanime des agents concernés ;
- redénomination éventuelle du corps ;
- accompagnement de cette réforme statutaire par des mesures de gestion portant sur lamélioration du pyramidage et du tour extérieur afin de donner plus de fluidité au déroulement des carrières.
Quelques premiers contacts ont été pris sur ces bases avec la Fonction publique et un accueil positif a été rencontré à ce stade.
La création de ce corps unique constitue une orientation que je souhaite, mais je ne pourrais me prononcer quau vu du bilan densemble des avantages qui pourraient être retirés dune telle opération. Il y a encore matière à discussion et réflexion. Il convient en plus davoir toutes les assurances nécessaires tant de la Fonction publique, jen ai parlé, que du budget sur les conditions préalables que jai énumérées, ce qui évidemment naurait pas le même sens si on ne les avait pas. Cest pourquoi je demande au directeur général de lAdministration de poursuivre activement ses contacts en ce sens sur la base de lobjectif de création dun tel corps unique de catégorie A.
Je demande en outre, quun calendrier soit présenté de sorte que la fusion soit réalisée dans des délais cohérents avec le calendrier dexécution des autres aspects de la réforme de la Coopération, encore une fois si les conditions qui paraissent indispensables sont rassemblées.
Dans lhypothèse où les garanties ne seraient pas acquises - celles dont jai parlé - des solutions moins ambitieuses dune intégration dans les corps actuellement existants seraient recherchées. Mais je ne crois pas que ce soit lidéal, cela paraît plus confortable parce que cela peut donner limpression déviter telle ou telle perturbation, mais je ne crois pas que ce soit la solution davenir pour notre dynamisme à tous et notre efficacité.
Je demande également que cette réforme statutaire saccompagne dune politique daffectations renouvelée en faveur de ces agents, secrétaires-adjoints ou attachés, et quelle offre des postes de débouchés en particulier pour quelques postes de sous-directeurs.
Je demande le maintien dune dominante de carrière en fonction de la nature du recrutement, même si je souhaite aussi, je le redis, que la création dun corps unique soit loccasion dune plus grande diversification des parcours professionnels individuels. Mon optique à terme est bien celle dun décloisonnement des différents corps des Affaires étrangères, les distinctions entre corps de Centrale et corps de Chancellerie servant à létranger pouvant apparaître dépassées.
Il est aujourdhui prématuré de sengager dans un chantier de rénovation statutaire pour les agents de catégories B et C. Il faut en effet dabord sassurer des mesures qui pourront être obtenues pour les agents de catégories A et des avantages qui pourront se dégager dune telle réforme avant de pouvoir entreprendre toute extension aux autres catégories dagents du ministère.
4 : Je terminerais en disant un mot très bref sur dautres points à lordre du jour du comité technique : sur le budget, la discussion budgétaire très difficile que nous menons, Charles Josselin et moi avec Pierre Moscovici, se déroule dans un contexte de fusion du budget des Affaires étrangères et de la Coopération. La méthode que nous avons suivie, la position que nous avons adoptée, cest déviter toute tentative déconomie aveugle qui pourrait nous être demandée a priori sans réflexion et sans démonstration, du simple fait que la rationalisation entraînée par la réforme de Coopération permettrait de faire des coupes sombres ou claires selon lexpression que lon veut ; ménager lannée 1999 comme une année de transition qui nous permette délaborer les nouvelles structures, de mieux voir sur quelles bases nous allons travailler, privilégier une approche pluriannuelle, voilà ce qui était notre approche.
En ce qui concerne les questions des primes dadministration centrale qui est un sujet très sensible pour les agents servant à Paris ou à Nantes, je métais engagé à aligner le niveau des primes sur le régime le plus favorable compte tenu des différences de montants entre la Coopération et les Affaires étrangères.
Après être intervenu sur ce point auprès de mon collègue des Finances, jai obtenu les moyens nécessaires pour procéder à un alignement par le haut des primes à compter du 1er janvier 1999.
Voilà un certain nombre de commentaires que je voulais vous faire, un certain nombre dinformations que je voulais donner. Je vais maintenant passer la parole à Charles Josselin. La réforme de la Coopération était absolument nécessaire et elle était donc recherchée depuis des années. Elle navait pas abouti, mais ce nest pas pour rien que lidée revenait sans arrêt parce quil est clair quil fallait procéder à quelques adaptations par rapport à un monde qui a changé, une Afrique qui a changé, des relations internationales qui ont changé, un contenu des politiques de Coopération et de développement qui a beaucoup changé. Le gouvernement la fait, le Premier ministre sest emparé du dossier et a rendu des arbitrages clairs que nous devons mettre en uvre le mieux possible.
Lautre volet, cest quen dehors de la réforme de la Coopération, il y a toute une série de décisions qui sont des décisions dadaptation, de modernisation. Quand je dis cela, je ne néglige absolument pas le travail qui a été fait auparavant notamment, par certains de mes prédécesseurs. Cest un travail de longue haleine et qui nest jamais terminé.
Cela fait des dizaines dannées que dans ce pays on parle de la réforme de lÉtat et on doit continuer à en parler. Cette tâche dadaptation est indispensable pour que notre État moderne soit capable de rendre les services quon attend de lui en étant compétitif, en étant capable de donner des prestations matérielles ou immatérielles quon attend de lui.
Voilà les deux idées générales. Je suis convaincu que vos travaux daujourdhui seront dun très grand intérêt. Je vous remercie et je passe la parole à M. Josselin.
Intervention de Charles Josselin, ministre délégué à la coopération et à la francophonie, devant les membres réunis des C.T.P. du M.A.E. et du ministère de la Coopération (mardi 23 juin 1998)
Mesdames, Messieurs,
Hubert Védrine vient de vous décrire lorganisation générale du ministère des affaires étrangères et la philosophie qui lanime dans sa volonté dinscrire le ministère dans une dynamique. Il vous a dit lesprit dune réforme importante que nous vous proposons de mettre en uvre à loccasion du rapprochement des maisons de la coopération et des affaires étrangères. Cest plus précisément ce dernier aspect - lintégration de la coopération au développement dans le jeu diplomatique - que je souhaite évoquer à présent.
Je voudrais ainsi évoquer plus particulièrement lesprit des textes qui sont devant vous que vous allez analyser et discuter au cours des jours qui viennent.
Ce rendez-vous nest pas de convenance. Ce nest pas seulement un des ces rendez-vous formels quimposent les règles administratives. Il nous appartient, cette semaine, de prendre la mesure des ambitions qui sont proposées, de nous assurer que leur mise en uvre servira les intérêts de la politique française de coopération internationale dune manière qui permette à chacun dentre vous de jouer son rôle et de simpliquer.
Lesprit de la réforme donc.
Le ministre délégué à la coopération et à la francophonie est désormais en charge de la coopération internationale de la France dans son ensemble. La place du développement y est confirmée, au-delà même de cette Afrique du " champ " qui mobilise depuis longtemps les agents de la rue Monsieur. De même, la nature des échanges culturels, techniques, scientifiques qui définissait lactivité du Quai dOrsay dans sa composante DG se retrouve dans la nouvelle organisation.
Pour tous, mais principalement pour les anciens de la Rue Monsieur, je reprends à mon compte les termes utilisés par Hubert Védrine pour caractériser notre projet : fidélité et ouverture.
Je sais que certains dentre vous, comme nombre de nos partenaires, craignaient de ne pas retrouver lAfrique dans notre nouvelle organisation. Je pense que la création de la zone de solidarité prioritaire, aux contours définis par le CICID, est une réponse adaptée et moderne à cette appréhension. Là où lhistoire nous a donné un rôle particulier, nous continuerons de lassumer dans sa plénitude et dans un rapport encore plus étroit et responsable avec nos partenaires. Et, bien sur, lAfrique est au cur de la Z.S.P. Jajoute quun premier CICID se tiendra à lautomne pour confirmer ce lien. Fidélité donc.
Ouverture aussi : Parce que, dès cet automne, nous travaillerons à lélargissement de cette zone de solidarité et parce que le nouveau type de dialogue que nous voulons instituer avec ces partenaires privilégiés est un dialogue entre égaux, à limage de celui que la France entretient avec les autres pays du monde, développés ou en développement. Vous trouverez dailleurs une illustration de cette évolution dans le choix de structure que nous avons opéré au sein de la D.G.C.I.D. : une coordination géographique forte au sein dune direction de la stratégie, qui permet didentifier clairement les pays de la Z.S.P. et de faire valoir le caractère privilégié de notre relation avec eux, mais des directions sectorielles compétentes sur le monde entier, car les mêmes sujets peuvent être traités dans et hors de la Z.S.P.
Jattends beaucoup de notre réforme. Je crois aux vertus de ce que jappelais - certains en ont souri - lensemencement mutuel de nos cultures, de nos modes et méthodes de travail. Depuis un an, jai lillustration de lintérêt de ce métissage lorsque je me tourne vers les services et directions du Quai pour préparer les décisions de ma compétence. Je pense en particulier à la DAM ou à NUOI, dont jutilise déjà couramment les services. Dorénavant, la D.G.C.I.D., la direction de la coopération militaire et de défense, les services des affaires francophones et de laction humanitaire sont des services du pôle diplomatique français. A ce titre, ils peuvent et doivent sappuyer, comme ils peuvent et doivent appuyer lensemble des actions qui concourent à lexpression internationale de la France.
Lenrichissement mutuel dont nous allons bénéficier tient autant dans les approches des problèmes que dans les méthodes de travail. La préoccupation de développement que portent les anciens de la Rue Monsieur, doit certes imprégner lensemble de la D.G.C.I.D., mais aussi, plus largement, dautres directions du Quai qui peuvent en connaître, affaires économiques, affaires européennes, NUOI, . Et, inversement, il faut que ceux de la coopération intègrent dans leurs réflexions les expériences accumulées par leurs collègues en Afrique du Nord, en Asie, en Amérique latine et, pourquoi pas dans les pays développés. Nous pourrons rechercher les vertus des systèmes dappui des autres pays du Nord et en tirer les meilleurs enseignements. Peut être trouverons nous quelque réconfort, et quelques solutions jespère, au problème de lattractivité décroissante de nos universités pour les étudiants étrangers, lorsque nous aurons constaté que le phénomène est au moins européen et que nous labordons de manière différente.
Mélange des cultures, spécialisation des compétences et des structures, affirmation dune stratégie au travers dun instrument puissant de pilotage et dévaluation, voilà ce que nous avons voulu poser comme socle de notre outil de coopération internationale. Voilà ce que nous avons traduit dans lorganigramme général du ministère des affaires étrangères et plus précisément des services dont jassumerai la direction au titre de mes attributions.
Je nentre pas davantage dans le détail de cette structure ni de son fonctionnement, puisque cest là lobjet de vos travaux pour les prochains jours. A linverse, jattends beaucoup de vous car je ne doute pas que vous aurez identifié les points à préciser, les chantiers encore à ouvrir et, le cas échéant, les réorientations à envisager à moyen terme.
Voilà pour lesprit de la réforme. A présent, quelques mots sur la méthode.
Quelques exemples me viennent à lesprit des apports possibles de chacun de nous. La coopération dispose, je crois, dun grand savoir faire en matière de programmation à moyen terme, sur la base dune réflexion menée en partenariat. La direction générale, elle, a appris à se comporter dans certains domaines en prestataire de services rémunérés. Chacun doit pouvoir sinspirer des expériences de lautre.
Je pourrais dire la même chose pour la coopération militaire. Vous savez que nous allons fusionner la mission militaire de coopération et la sous-direction de laide militaire. Pour laction humanitaire il existera désormais une direction qui gérera les relations avec les O.N.G. qui sintéressent au développement, mais aussi aux autres O.N.G.
Il faut que nous réussissions cette osmose. Pour être plus efficaces. Et pour pouvoir nous affirmer, en interne, face à dautres partenaires, qui renforcent leurs structures internationales. Je pense évidemment aux finances. La définition des rapports avec la nouvelle A.F.D. est lun des grands chantiers des prochaines semaines. Je pense aussi à léducation nationale, à lintérieur, à la justice. Il est bien que ces ministères accroissent leurs activités internationales. Mais à condition que nous soyons assez puissants pour jouer pleinement notre rôle danimation et de coordination.
Il faut aussi que nous soyons capables de jouer un rôle de catalyseurs vis-à-vis des partenaires extérieurs à ladministration. Nous avons déjà lhabitude de travailler avec les O.N.G. Nous commençons à travailler avec les villes, les départements, les régions. Il nous faut faire davantage. Et faire bien davantage avec les organisations professionnelles. Ce sera le rôle important de la nouvelle mission pour la coopération non gouvernementale, que de capitaliser les expériences passées et danimer, de coordonner, voire dorienter laction de ces nouveaux partenaires en direction des pays qui le souhaitent.
Pour terminer, à présent, voilà ce que je crois être les chantiers à terminer dici au 31 décembre et les conditions de la réussite de notre entreprise commune.
Premier chantier : lévolution des statuts des personnels. Le Premier ministre, dès le 4 février, et Hubert Védrine, il y a quelques minutes, ont affirmé le principe dintégration des personnels de la coopération dans les corps du Quai dOrsay. Je nai pas besoin de rajouter quavec eux, je considère ce chantier déterminant. Nous avons déjà eu loccasion daborder la question de la double vocation des fonctionnaires de la coopération qui ne correspond pas au mode de fonctionnement des corps du Quai dOrsay. Nous avons parlé des indemnités de ces fonctionnaires. Nous avons aussi traité de la situation des assistants techniques, de la diversité de leurs statuts, de leurs régimes indemnitaires et des conditions spécifiques dexpatriation dont ils bénéficient. Depuis fin février, François Nicoullaud et François Mimin ont conduit la réflexion de groupes de travail sur ces questions et la concertation avec les différentes organisations syndicales représentatives des personnels des deux maisons.
Hubert Védrine vous a déjà fait part des décisions que nous avons prises ou qui vont lêtre dans le cadre du budget pour 1999. Pour le reste, les directions sont prises, la discussion et la concertation continuent, ensemble en interne au ministère, mais aussi avec lextérieur, fonction publique, budget, et autres ministères intéressés. Je compte sur François Nicoullaud et François Mimin - jen dirai un mot dans un instant - pour poursuivre ce travail durant les mois à venir, dans les conditions de transparence et defficacité qui ont prévalu jusquà aujourdhui.
Deuxième chantier, deuxième préoccupation pour chacun des agents concernés, la structure et la place de chacun à lintérieur de celle-ci. Je crois savoir dailleurs que lappréhension est également partagée entre les personnels de la Rue Monsieur et du Boulevard St Germain. Chacun craint de perdre son identité, ou bien dêtre " mangé " par lautre.
Sur la structure, le projet de texte qui vous est soumis ne suffit évidemment pas à faire disparaître le doute et les appréhensions, encore moins à chacun de se positionner. Comment pourrait-il en aller autrement à ce stade de la réflexion ? Là aussi, comme lindiquait Hubert Védrine, nous comptons sur François Nicoullaud et François Mimin pour finaliser le projet dorganisation aux niveaux les plus opérationnels. Dès demain, François Mimin animera un groupe réduit de chargés de mission auprès de François Nicoullaud, dont la tâche sera la définition de lorganigramme et des profils de postes de ceux qui seront chargés de le faire vivre début 1999. Ainsi, dès que possible, chacun pourra envisager son propre positionnement, dans la structure nouvelle ou dans dautres services de notre pôle diplomatique, là où sa compétence et sa motivation le pousseront à se porter candidat. Jespère dailleurs que loccasion sera saisie par certains pour sauter le pas, partant de la Rue Monsieur pour aller hors de la D.G.C.I.D. et entrer "en diplomatie", ou bien, venant des autres directions du Quai dOrsay pour venir enrichir la D.G.C.I.D.
En tout état de cause, la D.G.C.I.D. rassemblera dans des structures différentes lessentiel des champs de compétence quexercent aujourdhui les services de la DG et de la Rue Monsieur. Je vous invite à ne pas exagérer lampleur des changements à venir. Pour beaucoup dagents, il est déjà ou il sera possible à la rentrée de visualiser lunité correspondant à ce quils font aujourdhui. Et sans doute, nombre dentre eux, impliqués dans leur activité et motivés par la réussite des actions quils auront entrepris, souhaiteront continuer. Je ne crois pas à la " grande migration ", je crois plutôt à des mouvements croisés, maîtrisés, souhaités, par la grâce desquels linstrument D.G.C.I.D. sera opérationnel au plus tard le 1er janvier prochain. Et je prends devant vous lengagement que chacun sera interrogé, écouté, pour que le plus grand nombre des agents ait satisfaction.
Hubert Védrine et moi-même avions souhaité que le processus de réforme soit engagé avec vous, dans le cadre dune concertation continue. Cétait létape du comité de pilotage. Celui-ci a parfaitement rempli sa mission. Il a animé en parallèle la réflexion des groupes de travail administratifs et vous a rencontrés tout au long de sa mission pour recueillir vos réactions et propositions. La nomination de François Nicoullaud au poste de directeur général nous fait entrer dans une nouvelle phase du processus, puisquil a aussi la charge de mettre en place la nouvelle structure.
Les textes qui vous sont soumis pour avis seront publiés au plus tôt, dès que le Conseil dÉtat aura rendu son avis. Et la structure aura alors son cadre juridique définitif, il lui restera à se doter de ses personnels et de ses moyens de fonctionnement et dintervention, suivant la formule que jévoquais il y a quelques instants. Nous avons six mois pour réussir.
Pendant cette nouvelle phase, nous souhaitons que le temps ne sarrête pas et que chaque direction, chaque agent continue dexercer pleinement ses responsabilités. Cest pour cela que jai nommé François Mimin, chargé de mission auprès de moi, et que je lai immédiatement mis à la disposition de François Nicoullaud pour lassister dans cette tâche. Il continuera le travail du comité de pilotage, dans une forme renouvelée, avec, ainsi que je lindiquais, un groupe réduit dagents autour de lui. Les chantiers que jai évoqués sont désormais ceux dont il a la charge, avec les équipes en place dans les deux maisons et avec vous, les représentants des personnels.
Je voudrais terminer en donnant un coup de chapeau à ceux qui ont pris de lavance sur la réforme, je veux parler de vos collègues de la DAG de la coopération et de la DGA du Quai dOrsay. Au 1er octobre, la fusion sera effective. Déjà le travail sur le budget pour 1999 a été mené en commun et débouche sur un document unique quHubert Védrine et moi-même pourrons présenter au Parlement en octobre. La fusion des structures a été imaginée, la fusion des équipes est en cours et je peux dire que le résultat sera riche des concours dagents venant des deux maisons. Cétait le secteur où lexercice était le plus facile. Sans doute, mais cela mérite quand même dêtre souligné et pris en exemple de ce que nous devons faire, là où le chemin est peut être plus long et les histoires plus différentes. Bravo à ces équipes, merci de leur exemple.
Soyez tous assurés que limplication de vos ministres restera totale jusquau bout de la réforme ; cest la qualité de notre politique de coopération internationale et, plus généralement, de politique diplomatique qui est en jeu. Nous avons relevé un défi, adapter notre appareil diplomatique aux nécessités dun monde différent. Nos prédécesseurs nous envient et nous guettent, nos concitoyens et nos partenaires étrangers attendent beaucoup de cette évolution. Je compte sur nous tous pour réussir.
MINISTÈRE DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES |
MINISTÈRE DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES |
aux personnels de la direction générale des
relations culturelles,
scientifiques et techniques et du ministère la coopération
Objet : affectation des personnels à la D.G.C.I.D. au 1er janvier 1999.
Les agents de la D.G.R.C.S.T. et de la Coopération voudront bien trouver ci-après le calendrier et les principales étapes de la procédure qui sera suivie pour leur affectation au sein de la nouvelle direction générale de la coopération internationale et du développement (D.G.C.I.D.). La procédure objet de la présente circulaire est instituée à titre exceptionnel et temporaire jusquau 31 décembre 1998. Cette procédure, applicable aux emplois à pourvoir à la D.G.C.I.D., sera mise en uvre sans préjudice des modalités daffectation des agents de la D.G.R.C.S.T. ou des services de la Coopération dans dautres directions ou services du Ministère des Affaires étrangères.
1. Lorganigramme de la D.G.C.I.D. et les fiches de description de postes correspondantes sont en cours délaboration. Les résultats de ce travail mené en concertation avec les directions actuelles de la D.G.R.C.S.T. et la Coopération seront rendus publics au cours de la première quinzaine du mois de septembre. Un appel à candidatures sera alors organisé sous la responsabilité de la direction générale de ladministration, en étroite concertation avec la mission "pour la mise en place de la D.G.C.I.D." réunie autour du directeur général et de M. François Mimin. La liste des postes à pourvoir et les formulaires de candidatures seront diffusés à tous les agents concernés en septembre. Les fiches de description de postes seront consultables dans chaque sous-direction et dans toute la mesure du possible sur le serveur Intranet. Les candidats pourront faire acte de candidature auprès de leur actuelle sous-direction qui retransmettra leurs candidatures à la DRH (PL-A).
2. Les candidats disposeront dune vingtaine de jours pour déposer leur dossier de candidature. Ils pourront formuler plusieurs vux correspondant à leur profil de compétences. Le principe retenu est celui dune libre candidature pour tous les agents du périmètre de la réforme (D.G.R.C.S.T. et Coopération). Toutefois, lorsque des blocs de compétences des anciennes structures se retrouveront sensiblement à lidentique dans le nouvel organigramme, les agents concernés se verront proposer des pré-affectations. Celles-ci ne deviendront définitives quaprès accord des intéressés mais, en cas de refus, les demandes de ces derniers ne pourront être prises en considération que dans un deuxième temps.
3. Lensemble des candidatures fera lobjet dun examen approfondi et éventuellement dentretiens personnalisés, au cours du mois doctobre. Des réunions daffectation comprenant la DRH et la mission pour la mise en place de la D.G.C.I.D. se tiendront en tant que de besoin, sous lautorité de la DGA, fin octobre. Les décisions daffectation tiendront compte dans la plus large mesure possible des souhaits des agents et de lintérêt du service. Elles seront prises par la DGA dans le courant du mois de novembre. Les mois de novembre et décembre seront mis à profit pour permettre à tous les agents de la future D.G.C.I.D. de se préparer à leurs nouvelles fonctions. Des séances de préparation à leur futur emploi seront organisées à leur intention.
La D.G.A., la D.A.G. et la Mission pour la mise en place de la D.G.C.I.D. se tiennent à votre disposition pour toute information supplémentaire et vous pouvez les contacter par lintermédiaire de la messagerie électronique.
4. Ces dispositions ne remettent pas en cause les règles de la Transparence pour le mouvement de 1999. Laffectation au sein de la D.G.C.I.D. sera en effet considérée comme un prolongement de laffectation actuelle des agents de la D.G.R.C.S.T. et de la Coopération.
Le
directeur général de ladministration |
Le
directeur de ladministration générale |
Lettre des organisations
syndicales de la Coopération C.F.D.T. C.G.T. F.O. A.C.C. ATACCOOP à Hubert Védrine
(29 juin 1998)
En concertation avec le Premier ministre, vous avez adopté le principe de la réforme du dispositif français de coopération.
Dès le 5 février 1998, les personnels de la Coopération se sont mobilisés de façon constructive pour la modernisation de loutil daide au développement. Constitués en groupes de propositions, ils ont suggéré des solutions positives, jugées intéressantes par le comité de pilotage.
Certaines ont été reprises mais de manière dénaturée. Nous naborderons ici que deux dentre elles, relatives au personnel.
- Lalignement des compléments de rémunération sur les niveaux les plus favorables : en loccurrence le personnel de la coopération arrive avec, dans la " corbeille de mariée ", une dotation budgétaire susceptible de remettre à niveau les catégories B et C ainsi que les contractuels du M.A.E. Or, nous venons de découvrir que la répartition de ces 27 MF supplémentaires se ferait suivant les critères du M.A.E., essentiellement de manière discrétionnaire, alors quà la Coopération la répartition obéit à des règles transparentes sous-tendues par une volonté égalitaire (à lexception de petits reliquats de fin dannée distribués au mérite). Cette répartition des primes, rue Monsieur, est le résultat dannées dâpres négociations entre les syndicats et ladministration. Nous ne pouvons pas admettre, Monsieur le Ministre, de régresser socialement en intégrant une nouvelle structure.
- Sur lintégration des personnels : vous nous avez dit, le 23 juin, que vous aviez finalement opté pour une " vraie réforme " car de toute façon, quelle que soit son ampleur, elle crée des perturbations. Ce raisonnement, vous savez le tenir quand il sagit de faire disparaître le ministère de la Coopération au sein du M.A.E. Nous vous demandons de lappliquer au service du progrès social. Depuis le début, nous revendiquons une solution dintégration dans des corps uniques pour chacune des catégories A, B et C. Or, vous ne parlez que des A en reportant, à des calendriers ultérieurs dont vous navez pas forcément la maîtrise, les autres catégories dont le sort est pourtant techniquement plus facile à régler puisque les processus de titularisation sont achevés. Nous savons, en faisant cela, que vous cédez à la puissance des corporatismes du Quai dOrsay. Ce nest pas notre culture. Nous sommes résolument tournés vers lavenir et nous ne pouvons pas admettre, là encore, Monsieur le Ministre, de régresser socialement.
Nous avons dautres points, notamment la garantie de lemploi pour tous, pour lesquels nous attendons, depuis des mois, des réponses du Cabinet et du ministre de la Coopération. Nous les avons présentés à nouveau le 24 juin (cf. mémorandum). La réponse du ministre, reçue le 26 juin juste avant le C.T.P. ministériel, reflète, nous a dit le Cabinet, " létat desprit du ministre et nest pas négociable ". Or, elle napporte aucune réponse précise aux questions que nous lui avons posées à la demande expresse de lensemble des personnels de la centrale et des services extérieurs (cf. les termes de la pétition ci-jointe massivement signée par les agents).
En conséquence, nous vous demandons de nous recevoir très rapidement car nous souhaitons nouer un dialogue de qualité et rechercher des solutions concrètes, allant dans le sens du progrès social, en conformité avec la volonté gouvernementale affichée. Nous ajoutons que cest désormais la seule façon darriver à mobiliser les 1 100 personnes des services de la Coopération et les 2 700 coopérants en faveur de la modernisation du ministère des Affaires Étrangères qui vous est si chère.
Nous vous prions dagréer, Monsieur le Ministre, lexpression de notre haute considération.
Lettre dHubert Védrine aux organisations syndicales de la Coopération (7 juillet 1998)
À la suite de la réunion que Ch. Josselin et moi-même avons tenus avec vous le 7 juillet, je souhaite vous apporter les précisions suivantes sur les préoccupations que vous avez exprimées.
1. Sur lintégration des personnels de la coopération au sein des corps des Affaires étrangères :
Je vous confirme mon intention dengager, dès à présent, parallèlement à létude en cours portant sur la faisabilité et les conditions de la création dun corps unique de catégorie A une étude similaire portant sur les corps des catégories B et C du Dépt. Au vu de leurs résultats et des avantages qui pourraient être retirés de cette évolution pour lensemble des personnels concernés, je déciderai, après concertation, des évolutions statutaires correspondantes et des modalités dintégration des personnels de la coopération.
Sagissant des agents sous contrat à durée déterminée ou indéterminée, je vous confirme, à la suite de Charles Josselin quil ny aura aucun licenciement du fait de la réforme. Par ailleurs le régime juridique actuellement applicable aux CDI de la coopération demeurera en vigueur. Les dispositions de la loi Perben de décembre 1996 relative à la résorption de lemploi précaire dans la Fonction Publique seront mises en uvre au bénéfice des agents remplissant les conditions requises.
Comme je vous lai indiqué, une sous-direction des personnels de la coopération sera créée dès le 1er octobre prochain au sein de la nouvelle DRH. Par ailleurs, M. Bobillo, directeur, sera placé auprès du DGA pour lépauler dans la mise en uvre de la réforme. Vous pourrez ainsi disposer dun interlocuteur au fait de vos préoccupations.
2. Sur les procédures dattribution des primes dAC :
Je demande quune étude comparative soit conduite dont les résultats seront communiqués aux représentants des personnels. Sur cette base, je souhaite que me soient transmises dans les meilleurs délais des propositions allant dans le sens de lharmonisation des systèmes actuellement en vigueur, de la transparence et de léquité.
3. Sur la politique sociale :
Lharmonisation des politiques sociales procédera dune concertation avec les représentants des personnels. Je prendrai les dispositions nécessaires pour que la charge financière qui en résultera soit assumée dès janvier prochain, et je demande au DGA de me proposer les modalités de lassociation des personnels de la coopération aux instances de gestion de la politique sociale du Département.
4. Sur la représentation institutionnelle des agents de la coopération :
Je donne mon accord à votre proposition ce constituer, à titre transitoire, jusquà la fusion effective des corps, un une structure consultative ad hoc de représentation des personnels de la coopération.
Vous avez par ailleurs évoqué plusieurs autres sujets qui avaient déjà fait lobjet dengagements formels de Charles Josselin dans sa correspondance du 25 juin. Il va de soi que je les confirme. Je souhaite aussi que le dialogue ouvert sur ces points et sur ceux qui se feront jour au fur et à mesure de lavancement de la réforme se poursuive conformément à vos vux.
Veuillez agréer...
Hubert Védrine