Le Sgen-CFDT écrit aux candidat•e•s du second tour - Sgen-CFDT de l'étranger

Le Sgen-CFDT écrit aux candidat•e•s du second tour

mardi 6 juin 2017

Le Sgen-CFDT de l’étranger écrit aux candidat•e•s présent•e•s au second tour des élections législatives françaises dans les circonscriptions des Français établis hors de France.

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Lettre du Sgen-CFDT de l’étranger aux candidats

Lettre aux candidat•e•s du second tour aux élections législatives 2017

Madame, Monsieur,

Le second tour des élections législatives va permettre aux citoyens d’élire leurs représentant.e.s à l’assemblée nationale.

Si vous êtes élu.e, vous serez amené.e à vous prononcer sur les missions de service public d’éducation et sur la diffusion du français à l’étranger. Sur ces questions, le Sgen-CFDT de l’étranger souhaite connaître vos positions et sera attentif aux réponses apportées qu’il relaiera auprès des personnels.


L’avenir du réseau d’enseignement français à l’étranger

Les personnels des quelque 500 établissements scolaires à programme homologué répartis dans le monde entier s’inquiètent de l’ambigüité des déclarations des pouvoirs publics : les discours officiels rappellent constamment cette priorité politique alors que les moyens humains et budgétaires sont en diminution régulière et les effectifs d’élèves en augmentation continue.

L’Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE), établissement public sous tutelle du ministère des Affaires étrangères, scolarise 58 % des effectifs dans les établissements de son propre réseau (en gestion directe ou conventionnés).

Questions :

  • Considérez-vous que l’État français doive continuer à investir dans l’enseignement français à l’étranger ?
  • Quelle importance attachez-vous à la présence d’enseignants titulaires de l’Éducation nationale dans les établissements d’enseignement français à l’étranger ?
  • Quel doit être, selon vous, le ministère de tutelle de l’AEFE ?

La gestion des ressources humaines au sein de l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger

Au sein de l’AEFE, certains agents, de nationalité française ou étrangère, relèvent de contrats de travail de droit local aux contours inégaux, parfois très éloignés des standards français.

S’agissant des fonctionnaires détachés, le système actuel, mis en place en 1990, distingue personnels expatriés et résidents, ces derniers étant réputés être recrutés dans le pays. Or, la majorité des personnels résidents sont en fait recrutés alors qu’ils ne résident pas encore dans le pays concerné. L’administration exige d’eux qu’ils soient placés 3 mois en disponibilité. Quant à ceux qui perçoivent une indemnité d’expatriation, ce sont désormais des personnels ayant une charge d’encadrement administratif ou pédagogique.

Le Sgen-CFDT préconise depuis longtemps une clarification de la situation administrative des personnels détachés de l’Éducation nationale. Il revendique un nouveau système plus transparent, fondé sur des critères objectifs prenant en compte les contraintes de mobilité, les responsabilités et fonctions exercées.

Aujourd’hui, un nombre croissant d’enseignants titulaires de l’Éducation nationale recrutés pour exercer à l’étranger se heurtent à des refus de détachement et sont contraints de renoncer à leur projet. Pour ceux qui ont fait leur vie dans leur pays de résidence, c’est la menace d’un non-renouvellement de détachement et d’un départ forcé qui pèse désormais sur leur tête. Cette situation imposée par le MEN nuit autant aux personnels qu’aux établissements de l’étranger et à leurs opérateurs.

Questions :

  • Quel doit être le socle de garanties et avantages contractuels pour les personnels recrutés localement (nature et durée du contrat, conditions de travail, rémunération, progression de carrière…) ?
  • Êtes-vous prêt à demander une réforme globale du statut des personnels détachés pour parvenir à un système qui prenne vraiment en compte la réalité des situations ?
  • Quelle solution préconisez-vous pour mettre fin aux refus de détachement et aux situations inacceptables qu’ils induisent ?

Le réseau culturel français

Par la qualité de leur travail, leur adaptabilité à des publics divers, leur connaissance de la culture française passée et contemporaine, les personnels recrutés localement dans les instituts français sont un outil essentiel de notre politique d’influence à moyen et long terme. Or, depuis plus de dix ans, leurs postes sont fermés et les établissements ont de plus en plus recours à des professionnels contraints d’intervenir en tant que prestataires de service. Il en résulte une précarisation des personnels et une dégradation du service du fait de l’instabilité des équipes fragilisées par ces mesures.

La logique en vigueur de rentabilité financière immédiate omet la prise en compte des effets à long terme de ce qui est un investissement pour notre pays.

Questions :

  • Quelle place accordez-vous aux établissements diffusant la langue et la culture françaises à l’étranger sous la tutelle du ministère des Affaires étrangères ?
  • Comment comptez-vous faire évoluer le statut et le financement de ces établissements ?
  • Êtes-vous disposé•e à assurer une situation contractuelle stable aux collaborateurs réguliers des établissements conformément aux normes internationales de droit du travail ?

Dans l’attente des réponses que vous nous apporterez, nous vous prions d’agréer, Madame, Monsieur, nos respectueuses salutations.

Alain Schneider
Secrétaire général


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