Le Sgen de l'étranger s'adresse aux candidat•e•s à la présidentielle - Sgen-CFDT de l'étranger

Le Sgen de l’étranger s’adresse aux candidat•e•s à la présidentielle

jeudi 13 avril 2017

Le Sgen-CFDT de l’étranger a adressé une lettre aux candidat•e•s à l’élection présidentielle 2017.

Ce courrier formule une douzaine de questions relatives à l’avenir du réseau d’enseignement français à l’étranger, sur la gestion des ressources humaines de l’AEFE et les personnels enseignants, formateurs et bibliothécaires-médiathécaires des instituts français.

Les réponses seront publiées sur une page de notre site au fur et à mesure de leur réception.

Les réponses seront publiées sur une page de notre site au fur et à mesure de leur réception..

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Dix candidats

Lettre aux candidat•e•s à l’élection présidentielle 2017

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Lettre du Sgen-CFDT de l’étranger aux candidats

Madame, Monsieur,

La prochaine élection présidentielle va permettre aux citoyens de choisir celle ou celui qui dirigera notre pays au cours des cinq prochaines années.

La confédération à laquelle notre syndicat adhère, la CFDT, comme la fédération Sgen, ont eu l’occasion de vous interpeler sur l’action que vous mènerez si vous êtes élu•e pour le progrès social et l’évolution du système éducatif et universitaire.

Le Sgen-CFDT de l’étranger souhaite également vous faire part des préoccupations des personnels, fonctionnaires ou non, qui contribuent aux missions de service public d’éducation et de diffusion du français à l’étranger.

Nous serons attentifs aux réponses que vous nous apporterez.

L’avenir du réseau d’enseignement français à l’étranger

Missionnés pour accompagner et développer la demande croissante de langue française et d’éducation à la française, dans les près de 500 établissements scolaires à programme homologué, les personnels s’inquiètent de l’ambigüité des déclarations des pouvoirs publics : les discours officiels rappellent constamment cette priorité politique alors que les moyens humains et budgétaires sont en diminution régulière bien que les effectifs d’élèves soient en augmentation continue.

L’Agence pour l’enseignement français à l’étranger, établissement public sous tutelle du ministère des Affaires étrangères, scolarise pour ce qui le concerne 58 % des effectifs totaux dans les établissements de son propre réseau (en gestion directe ou conventionnés).

Questions :

  • Quel doit être le rôle de l’enseignement français à l’étranger ? Quelle place lui accordez-vous ?
  • Considérez-vous que l’État français doive investir davantage dans l’enseignement français à l’étranger ? La subvention de l’État à l’AEFE doit-elle être réduite, stabilisée ou augmentée ? Quelle est votre vision de l’avenir de l’AEFE et des établissements de son réseau ?
  • Quelle importance attachez-vous à la présence d’enseignants titulaires de l’Éducation nationale dans les établissements d’enseignement français à l’étranger ?
  • Êtes-vous favorable à la levée du plafond d’emploi dans le réseau de l’AEFE ?
  • Quel doit être, selon vous, le ministère de tutelle de l’AEFE ?

La gestion des ressources humaines au sein de l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE)

Au sein de l’AEFE, certains agents, de nationalité française ou étrangère, relèvent de contrats de travail de droit local aux contours inégaux, parfois très éloignés des standards français.

S’agissant des fonctionnaires détachés, le système actuel, mis en place en 1990, distingue entre des personnels « expatriés » et des personnels « résidents » réputés être recrutés dans le pays. Or la majorité des personnels « résidents » sont en fait recrutés alors qu’ils ne résident pas encore dans le pays concerné, ce qui amène l’administration à exiger qu’ils soient 3 mois en disponibilité. Quant à ceux qui perçoivent une indemnité d’expatriation, ce sont désormais des personnels ayant une charge d’encadrement administratif ou pédagogique.

Le Sgen-CFDT préconise depuis longtemps une clarification de la situation administrative des personnels détachés de l’Éducation nationale. Il revendique un nouveau système plus transparent, basé sur des critères objectifs prenant en compte les contraintes de mobilité, les responsabilités et fonctions exercées.

Un nombre croissant d’enseignants titulaires de l’Éducation nationale recrutés à l’étranger se heurtent à des refus de détachement, ce qui les oblige à renoncer à des projets élaborés de longue date. Pour d’autres qui ont fait leur vie dans leur pays de résidence, c’est la menace d’un non-renouvellement de détachement et d’un départ forcé qui pèse sur leur tête. De plus les établissements sont fragilisés par ces décisions qui ne prennent pas en compte leur intérêt.

Questions :

  • Quelle importance accordez-vous au statut des personnels en contrat de droit local : nature et durée du contrat, conditions de travail, rémunération, progression de carrière, protection sociale ?
  • Considérez-vous comme normal qu’ils bénéficient de la gratuité pour la scolarisation de leurs enfants dans l’établissement où ils travaillent ?
  • Êtes-vous prêt à initier une réforme globale du statut des personnels détachés pour parvenir à un système qui prenne vraiment en compte la réalité des situations ?
  • Estimez-vous que tous les personnels enseignants détachés à l’étranger ont une obligation de mobilité plus forte que sur le territoire français ?
  • Quelle solution préconisez-vous pour mettre fin aux refus de détachement et aux situations inacceptables qu’ils induisent ?

Le réseau culturel français

Par la qualité de leur travail, leur adaptabilité à des publics divers, leur connaissance de la culture française passée et contemporaine, les enseignants, formateurs et médiathécaires recrutés localement dans les instituts français sont un outil essentiel de notre politique d’influence à moyen et long terme. Or depuis plus de dix ans, leurs postes sont fermés et les établissements ont recours pour effectuer les mêmes tâches à des professionnels contraints à se constituer en entreprises unipersonnelles et à intervenir en tant que prestataires de service. Ils doivent alors assumer eux-mêmes de nombreuses charges et se trouvent précarisés, soumis à des variations importantes de leur charge de travail et de leurs revenus. Pour les établissements eux-mêmes, il en résulte une dégradation du service du fait de l’instabilité des équipes fragilisées par ces mesures.

La logique en vigueur de rentabilité financière immédiate omet la prise en compte des effets à long terme de ce qui est un investissement pour notre pays.

Questions :

  • Quelle place accordez-vous dans votre projet aux établissements diffusant la langue et la culture françaises à l’étranger sous la tutelle du ministère des Affaires étrangères ?
  • Comment comptez-vous faire évoluer le statut et le financement de ces établissements ?
  • Êtes-vous disposé•e à assurer une situation contractuelle stable aux collaborateurs réguliers des établissements, notamment enseignants et formateurs, partout où ils exercent des fonctions pérennes, conformément aux normes internationales de droit du travail ?

Dans l’attente des réponses que vous nous apporterez, nous vous prions d’agréer, Madame, Monsieur, nos respectueuses salutations.

Le secrétariat national du Sgen-CFDT de l’étranger


  • Cette lettre a été adressée à dix des onze candidat•e•s :

Jacques Cheminade,
Benoît Hamon,
Philippe Poutou,
Nicolas Dupont-Aignan,
Emmanuel Macron,
Nathalie Arthaud,
Jean-Luc Mélenchon,
François Fillon,
François Asselineau,
Jean Lassalle.

  • Conformément à la position confédérale, elle n’a pas été envoyée à la candidate du Front national, Marine Le Pen, dont « la rhétorique et le projet sont antinomiques avec les valeurs démocratiques, solidaires et progressistes » que défend la CFDT.

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